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“Trois chansons de Bilitis” – Claude Debussy (1862 – 1918)

by Luca

“Trois chansons de Bilitis” – Claude Debussy (1862 – 1918) – Lyrics by Pierre Louÿs (1870 – 1925) – First Edition 1899 Ed. Fromont Paris (F).

Centaurus Music Int Studio Recording – “Hector Berlioz – Claude Debussy – Mélodies” – Remixed and Remastered Edition – ℗ 2020

First Edition ℗ 2002

Piano M.° Monique Ciola
Baritone Luca Casagrande
Artistic Director & Producer Luca Casagrande
© Luca Casagrande.

La Flûte de Pan

Pour le jour des Hyacinthies,
Il m’a donné une syrinx faite
De roseaux bien taillés,
Unis avec la blanche cire
Qui est douce à mes lèvres comme le miel.
Il m’apprend à jouer, assise sur ses genoux;
Mais je suis un peu tremblante.
Il en joue après moi, si doucement
Que je l’entends à peine.
Nous n’avons rien à nous dire,
Tant nous sommes près l’un de l’autre;
Mai nos chansons veulent se répondre,
Et tour à tour nos bouches
S’unissent sur la flûte.
Il est tard;
Voici le chant de grenouilles vertes
Qui commence avec la nuit.
Ma mère ne croira jamais
Que je suis restée si longtemps
À chercher ma ceinture perdue.

La Chevelure

Il m’a dit: “Cette nuit, j’ai rêvé.
J’avais ta chevelure autour de mon cou.
J’avais tes cheveux comme un collier noir
Autour de ma nuque et sur ma poitrine.
Je le caressais, et c’étaient les miens;
Et nous étions liés pour toujours ainsi,
Par la même chevelure, la bouche sur la bouche
Ainsi que deux lauriers n’ont souvent qu’une racine.
Et peau à peau, il m’a semblé,
Tant nos membres étaient confondus,
Que je devenais toi-même,
Ou que tu entrais en moi comme mon songe.”
Quand il eut achevé,
Il mit doucement ses mains sur mes épaules,
Et il me regarda d’un regard si tendre,
Que je baissai les yeux avec un frisson.

Le Tombeau des Naïades

Le long du bois couvert de givre, je marchais;
Mes cheveux devant ma bouche
Se fleurissant de petits glaçons,
Et mes sandales étaient lourdes
De neige fangeuse et tassée.
Il me dit: “Que cherches-tu?”
“Je suis la trace du satyre.”
Ses petit pas fourchus alternent
Comme des trous dans un manteau blanc.
Il me dit: “Les satyres sont morts.
Les satyres et les nymphes aussi.
Depuis trente ans, il n’a pas fait un hiver aussi terrible.
La trace que tu vois est celle d’un bouc.
Mais restons ici, où est leur tombeau.”
Et avec le fer de sa houe il cassa la glace
De la source où jadis riaient les Naïades.
Il prenait de grands morceaux froids
Et le soulevant vers le ciel pâle,
Il regardait au travers.

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